Article 14, Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789.
Article 14, Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789.
Publié le 28 juillet 2009
Les physiciens connaissent bien le principe des « vases communicants »… les contribuables aussi. On leur dit que leur impôt sur le revenu n’augmente plus et même, parfois, qu’il baisse mais… ils sont bien obligés de constater que, dans la plupart des villes, des départements et des régions, les prélèvements fiscaux augmentent, qu’il s’agisse de la taxe foncière ou de la taxe d’habitation et, souvent, dans des proportions alarmantes.
Les élus locaux accusent l’Etat qui se décharge sur les collectivités de tâches, notamment sociales, qui étaient jusque-là les siennes, tandis que le gouvernement dénonce le laxisme des élus qui, par clientélisme, embauchent un personnel pléthorique et croient devoir édifier de prestigieuses salles des fêtes pour un seul gala chaque semestre. Les torts, semble-t-il, sont partagés, les chambres régionales de la cour des Comptes ayant elles-mêmes du mal à s’y retrouver.
Mais ce qui est vrai de l’impôt l’est aussi de l’effectif des fonctionnaires. Car, rappelons-le, il existe trois fonctions publiques (étatique, territoriale, hospitalière), l’ensemble représentant 5.268.000 personnes, soit 21% de l’emploi total en France (contre un moyenne de 18% dans l’Union européenne), selon le rapport annuel sur l’état de la Fonction publique 2008-2009 établi par la direction générale de l’administration et de la Fonction publique composée de fonctionnaires dont le rôle est de compter… le nombre de fonctionnaires.
Ce rapport, présenté l’autre semaine au Conseil supérieur de la fonction publique souligne que les emplois publics ont globalement augmenté de 41.100 personnes (+ 0,8%), mais avec un motif de satisfaction puisque « à un rythme nettement ralenti par rapport à l’année précédente ». Il y a donc une baisse dans le pourcentage de hausse des effectifs de fonctionnaires… si l’on comprend bien !
Les fonctionnaires de l’Etat ont vu leur nombre diminuer de 2,4%, ce qui est modeste par rapport à l’objectif affiché par Nicolas Sarkozy. Mais, parallèlement, la fonction publique territoriale a connu la plus forte création de postes en 2007 (+86.000 emplois, soit +5,2%), pour atteindre 1.750.000 agents. Ce qui est un record puisque, depuis 1996, l’augmentation annuelle moyenne était de 3% ! Les vases, là, font plus que communiquer, ils débordent…
S’il est un secteur où l’on doit admettre que la croissance des effectifs s’impose, c’est bien celui de l’hôpital. Le vieillissement de la population, la croissance démographique et le traitement toujours plus pointu et coûteux des nouvelles pathologies font que le personnel est toujours en nombre insuffisant, notamment aux urgences. Or, c’est là que l’augmentation des effectifs est la plus modeste : la fonction publique hospitalière a crû de 1,6% (soit 17.000 emplois), pour atteindre 1.035.000 personnes fin 2007 !
S’il y a trois fonctions publiques, il n’y a qu’un seul contribuable ! C’est lui qui, de toute façon, passe à la caisse et, si les effectifs augmentent, c’est lui qui règle l’ardoise…